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 Cours du lundi 05/10 conception jungienne de l'inconscient

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ailyse



Messages : 5
Date d'inscription : 13/09/2015

MessageSujet: Cours du lundi 05/10 conception jungienne de l'inconscient   Mer 7 Oct - 18:21

La première hypothèse possible que l'ont peut faire de l'inconscient, c'est qu'il est un réservoir de perceptions ou d'expériences non réfléchies.

Pb : comment est-il possible de percevoir sans percevoir que l'on perçoit?

Cf ce que Leibniz appelle "petites perceptions" : elles ne passent pas le seuil de la conscience (parce que je suis occupé à autre chose, par habitude, etc.) mais je les intègre tout de même dans mon schéma psychique... inconscient.

Conséquence : je possède beaucoup plus de données que ce que je pense posséder. Et elles pourraient m'aider à mieux agir, mieux envisager la situation que j'affronte, mon attitude, etc. ->postulat de la psycho-analyse jungienne.

Ainsi, l'usage de certaines substances (psychédéliques) pour être dans un état de conscience secondaire permet de retrouver ces perceptions/expériences (cf Grof, Huxley, etc.).
L'état d'inconscience perceptive est différent de l'état d’inconscience réflective (les deux ne vont pas forcément de pair).
Je peux être en inconscience perceptive (évanoui, coma, etc.) et en pleine conscience réflexive (cf EMI, etc.)
D'ailleurs une des méthodes pour travailler sur l'inconscient est le caisson d'isolation sensorielle (John Lilly, entre autres) : se couper de TOUTE perception pour mieux pénétrer à l'intérieur de soi.
Ainsi, lorsqu'on administre des psychédéliques à un patient, il est lucide (en état d'inconscience perceptive) mais il peut aller très loin dans la connaissance de lui-même, à l'intérieur : conscience réflexive.

Question : mais alors il sait qu'il est en transe?
Réponse : oui, toujours (cf hypnose) ; mais les situations qu'il vit peuvent tellement l'affecter qu'il, peut perdre cette lucidité et se croire vraiment dans la situation qu'il vit.

Attention Jung ne connait pas ces méthodes, il ne travaille que sur l'interprétation des rêves, associations d'idées, etc.
Comme Freud, mais avec un schéma théorique différent.


Carl Gustav Jung, un psycho-analyste, a un schéma théorique de l’inconscient.
(psyché = "âme" = psychisme)



La vie psychique, dans son processus évolutif - comme tout processus vivant d'ailleurs -, n'est pas simplement un déroulement conditionné de façon causale ; elle est aussi une démarche orientée vers une certaine fin, à laquelle elle tend : la vie est aussi finalité. Et cette finalité est la réalisation de Soi. Quiconque progresse sur la route de la réalisation de son Soi, inconscient, rendra nécessairement conscients les contenus de l'inconscient personnel, ce qui élargira considérablement l'étendue, les horizons et la richesse de la personnalité. Soulignons tout de suite que cet « élargissement » concerne au premier chef la conscience morale et la connaissance de soi-même ; car les contenus de l'inconscient que l'analyse libère et qui passent dans le conscient sont, en règle générale, tout d'abord des contenus désagréables, qui comme tels ont été refoulés : souvenirs, désirs, tendances, projets, etc. Mais l'inconscient nous donne aussi une chance, par ses communications et par les allusions imagées qu'il nous offre : il est aussi capable de nous communiquer ce qu'en toute logique, nous ne pouvons savoir. Pensons aux phénomènes de synchronicité, aux rêves prémonitoires et aux pressentiments ! Les rêves, par exemple, peuvent quelquefois annoncer certaines situations bien avant qu'elles ne se produisent. Ce n'est pas nécessairement un miracle, ou une prophétie. Beaucoup de crises, dans notre vie, ont une longue histoire inconsciente. Nous nous acheminons vers elles pas à pas, sans nous rendre compte du danger qui s'accumule. Mais ce qui échappe à notre conscience est souvent perçu par notre inconscient, qui peut nous transmettre l'information au moyen d'un rêve.
Pourtant les rêveurs tendent à ignorer ou même à rejeter le message qui leur est ainsi communiqué. En effet la conscience résiste naturellement à tout ce qui est inconscient et inconnu car elle a une peur profonde, superstitieuse, de la nouveauté. Elle réagit devant des idées nouvelles en élevant des barrières psychologiques pour se protéger contre le choc d'affronter une nouveauté. Or cette faculté que nous avons d’isoler une partie de notre esprit (la conscience) d'une autre (l'inconscient) est, au départ, une caractéristique d’une grande valeur. Elle nous permet de concentrer notre attention sur une chose à la fois, à l’exclure de ce qui la sollicite par ailleurs. Mais il y a une différence radicale entre la décision que nous pouvons prendre de mettre à part et de supprimer momentanément la partie inconsciente de notre psyché, et la suppression durable et incontrolable de cette partie. Le premier processus est une conquête de l’être civilisé, le second correspond à ce que les primitifs appellent la perte d’une âme, et plus près de nous, il peut être la cause pathologique d’une névrose.
La névrose est donc une perte d'équilibre de la conscience, qui peut être d'ailleurs quelque chose de salutaire puisque, grâce à elle, le conscient défaillant sera remplacé par l'activité automatique et instructive de l'inconscient ; celui-ci visera à la reconstitution d'un nouvel équilibre, but qu'il est capable d'atteindre si le conscient est en état d'assimiler les contenus produits par l'inconscient, c'est-à-dire de les comprendre et de les intégrer. Si l'on réussit cela, la désunion avec soi-même cessera et le sujet pourra bénéficier des apports favorables de l'inconscient. Car dès que la dissociation entre les divers éléments de soi-même cesse, l’inconscient accorde - l'expérience le prouve abondamment - toute l'aide et tous les élans qu'une nature bienveillante et prodigue peut accorder aux hommes. De fait, l'inconscient recèle des possibilités qui sont absolument inaccessibles au conscient ; car il dispose de tous les contenus psychiques subliminaux, de tout ce qui a été oublié ou négligé par le conscient, et, en outre, de la sagesse conférée par l'expérience d'innombrables millénaires, sagesse déposée et confiée à ses structures archétypiques.
Carl Gustav Jung, Dialectique du moi et de l'inconscient

La réflexion de Jung est axée sur les rêves (il a analysé par exemple les rêves d'un groupe d'enfants, ou même les siens).
Il aborde dans ce texte les différentes visions de la vie selon différentes hypothèses: mécaniste et déterministe (tout ce qui se passe dans le monde est l'effet d'une cause : cf spinoza) ; ou finaliste (tout ce qui se passe dans le monde possède un sens, un but)
Réduire les phénomènes psychiques à un simple mécanisme, c'est ignorer la vie (cf bergson) : réducteur!!!
Il faut donc en comprendre le sens et pas seulement la cause : nouvelle interprétation des rêves : pas seulement expulsion d'énergie psychique (refoulée) mais message que l'on s'envoie (ou que notre inconscient nous envoie).

Postulat :  Tout processus vivant, touit être vivant tend à sa réalisation, à son accomplissement.
si l'on prend l'exemple d'un gland qui se transforme en chêne, ce changement peut être vu comme déterminé, ou encore comme la fin du processus évolutif vivant. Le chêne est la finalité du gland, sa réalisation, son accomplissement.

Attention : Le mot "réaliser" (ligne 3) a deux sens:
-faire advenir (pour le gland, ce sens sera le seul dans sa vie, n'étant pas doté d'une conscience)
-prendre conscience de (ce que l'on peut être, ce que l'on pourrait être)
La vie de l'être humain recouvre ces deux sens : il faur réaliser ce que l'on peut être pour le réaliser en acte. (cf Aristote : réaliser en acte ce que je suis en puissance = potentiellement)

La finalité = le but d'un être = se réaliser = s'accomplir (par exemple pour le gland)
La finalité d'un être conscient = réaliser ce qu'il peut réaliser pour s'accomplir

Autre postulat :
La conscience perceptive vient avant la conscience réflective (d'où le nom d'homo sapiens sapiens, "l'homme qui sait qu'il sait" : bien ultérieur à l'homo sapiens, à l'homo erectus, etc.))

Avant de me réfléchir sur moi même (cf rencontre, Sartre), je perçois déjà, je ressens déjà, je mémorise déjà, je vis déjà. je remplis donc ma "psyché" de tout ce contenu.
Selon Jung, il n'y aurait donc pas de conscience et d'inconscience, mais une conscience réfléchie et une conscience irréfléchie. La seconde est antérieure à la première (dans l'individu comme dans l'histoire)

Attention :
Quand Sartre ou Freud parlent d'inconscient, ils partent du principe qu'il existe une conscience réfléchie, sans dire vraiment d'où elle provient...
La conscience est immédiate, spontanée, intuitive. L'inconscient est alors ce que cette conscience réfléchie rejette, refoule : il est second par rapport à la conscience.
Pour Jung c'est le contraire : l'inconscient est premier, ou plutôt c'est la première manière de percevoir la vie. La conscience est la dissociation opérée par un individu qui se réflehcit sur lui -même, sur sa perception spontanée.

La conscience (du latin cum sienta) est donc ce que nous pouvons connaitre de nous-même.
Cette conscience est limitée: il y a bien plus de choses dont je suis inconscient que de choses dont je suis conscient (dans les rêves prémonitoires par exemple).

La particularité de la définition jungienne de l'inconscient, c'est qu'il ne s'agit pas uniquement d'un réservoir de contenus inconscients refoulés mais de l'ensemble de tout ce que l'on est capable de percevoir depuis notre conception, sans forcément en être conscient de manière réflexive. Le conscient est donc une minuscule partie de mon psychisme.

Lors d'une psychanalyse par exemple, 'inconscient va conscientiser en premier les contenus refoulés (et donc désagréables) car ils sont le plus près dans mon psychisme.

Le rêve est une tentative sauvage de l'inconscient de créer des fantaisies pour que la conscience intègre/admette des contenus inconscients.
Or un rêve n'est jamais isolé dans l'économie psychique : il revient sous plusieurs formes jusqu'à qu'on en ait compris le message.
On peut donc rêver par "séries", il y aurait un suivi (comme à la poste, mais en plus efficace lol) dans les rêves: un rêve peut ainsi revenir tant que l'on ne l'a pas intégré.

Dans le rêve, j'essaye de me faire connaitre de manière inconsciente ce dont je ne suis pas conscient de manière consciente.
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