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 Correction du devoir : "Peut-on ne pas vouloir être libre?"

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patrick sorrel



Messages : 17
Date d'inscription : 07/09/2015

MessageSujet: Correction du devoir : "Peut-on ne pas vouloir être libre?"   Mar 15 Sep - 11:26

1) Elements de notation :

- Questionnement des attendus, postulats et directions de la question (QU) : /2
- Utilisation des définitions pour éclairer la question (DF) : /2
- Eléments de problématisation de la question (PB) : /3
- Rédaction et structure de l'introduction (I) : /3


2) Exemple d'introduction rédigée :

Il vaut mieux être un homme insatisfait qu’un porc satisfait, il vaut mieux être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait. Et, si l’imbécile et le porc sont d’opinions différentes, c’est seulement parce qu’ils ne connaissent qu’un côté de la question. L’autre partie, pour la comparaison, connaît les deux côtés” (J. S. Mil, L'utilitarisme). Lequel d'entre nous, en effet, renoncerait à sa liberté de penser et d'agir, et aux souffrances qui les accompagnent nécessairement, sous prétexte de baigner dans une insouciance heureuse? Pourtant c'est bien le choix que fait Cypher dans le deuxième volet de la trilogie Matrix, lorsqu'il choisit de troquer sa dure liberté contre l'insouciance de revenir dans la matrice, avec l'assurance de ne plus rien se souvenir de son passé libre. “Innocence is bliss”, dira-t-il à cette occasion. L'innocence est une bénédiction. Et si nous avions le choix de ne plus choisir, nous autres humains despéspérement plongés dans la nécessité quotidienne de faire des choix et d'en assumer les conséquences, le ferions-nous? Peut-on ne pas vouloir être libre?
La question, posée ainsi, est certes paradoxale : refuser sa liberté, en choisissant par exemple de s'en remettre à un tiers (tutelle, secte, ou même tirage au sort de son choix) ou de se mettre dans un état de conscience impropre au choix (alcoolisme, psychotropes, somnifères, suicide), est certes un choix authentique, que le sujet devra assumer (du moins s'il en est encore capable...). C'est bien moi qui ai choisi de refuser ma liberté de choix, et ce choix est l'expression de ma liberté. Je ne peux donc pas, apparemment, nier ma liberté, définie comme la capacité de choisir face à une situation de la vie. Je suis “condamné à être libre” comme dirait Sartre.
Mais raisonner ainsi, ce serait oublier que mon choix n'est jamais l'expression de ma seule volonté ; ou plutôt que ma volonté, qui m'apparait comme cette capacité d'instaurer une action de mon propre gré, n'est jamais entièrement autonome. En d'autres termes, il est clair que mes choix sont souvent (voire toujours?) influencés, et que ma prétendue liberté de choix est fortement illusoire. Il est clair aussi, dans ce cas, que si je fais le choix de refuser ma liberté, ce n'est pas sans raison : il doit bien avoir une mutltitude d'influences qui m'orientent dans ce choix d'abandon, dans ce choix de résignation ; tout comme il y a mille raisons qui peuvent me pousser à faire le choix d'en finir avec la vie. Le choix extrème d'en finir avec ma liberté est-il alors aussi libre que cela? Est-il vraiment raisonnable?
L'enjeu de cette question semble alors de déterminer si ma liberté est un poids et un fardeau, si insupportable que je puisse souhaiter parfois ne plus le porter, quitte à me nier moi-même; ou bien si c'est un défi, qu'il est bien plus difficile de relever que d'abandonner en se laissant aller à un comportement insouciant et esclave. Il semble évident que la pleine liberté, si je prends conscience de toute la repsonsabilté qu'elle implique, est chose détestable, au point que je puisse vouloir ne plus l'assumer ; pourtant agir ainsi c'est se soumettre corps et âme aux déterminismes les plus bas, et c'est en quelque sorte abandonner son humanité, sa raison d'être. Pourquoi vivre dans ce cas?
Pour résoudre cette problématique, nous montrerons dans un premier temps en quoi le choix de fuir ses responsabilités est un choix absurde, puisqu'il augmente la responsabilité que nous avons dans l'action. Mais nous avancerons dans une seconde partie, à partir par exemple d'une analyse psychologique des tentatives de suicide, qu'il existe une mutltitude de raisons de faire ce choix, dont la plupart ne sont pas conscientes : il ne faut pas accuser trop rapidement celui qui fait le choix de refuser sa liberté, sans chercher à comprendre ce qui l'a poussé à agir ainsi. Enfin nous montrerons que malgré le poids des influences et le fardeau des contraintes qui structurent notre espace de choix, il serait triste de refuser ces deux présents indissociables que sont la vie et la liberté : nous nous devons d'accepter ce lot et d'incarner au mieux ce pour quoi nous sommes ici : donner un sens à notre vie, librement.
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